Je vais vous raconter une histoire.

J'ai été choqué!

En avril 2020, deux apiculteurs amateurs sont venus m'acheter des essaims, avec leur fourgon blanc.

Tous les deux me racontent que leurs ruches meurent tous les hivers à cause d'intoxications.

Intrigué, je leur demande quelles sont leurs pratiques apicoles et comment ils traitent le varroa.

L'un prétend qu'il traite le varroa à la feuille de rhubarbe et l'autre me dit qu'il refuse de traiter ses ruches pour pouvoir faire du miel bio...

Les semaines suivantes, je reçois plusieurs autres apiculteurs amateurs pour des ventes d'essaim.

Ils ont tous le même problème : leurs abeilles meurent l'hiver.

Et plusieurs ont leur manière bien à eux de traiter le varroa: les huiles essentielles, l'ail, le persil...

D'autres utilisent des méthodes plus conventionnelles à base d'amitraze (bande Apivar). Mais aucun n'utilisait l'acide oxalique...


Trop d'apiculteurs ignorent les effets du varroa


Les recettes de grand mère ne fonctionnent pas.

L'ADAFRANCE avec l'aide de l'ITSAP et de l'INRA a travaillé d'arrache pied pendant 10 ans sur le varroa.

En tout, 40'014 données ont été recueillies.

Et ils ont produit une synthèse, retirée depuis sous la pression des laboratoires pharmaceutiques car elle publiait les résultats d'études de traitements sans AMM.

Elle ne fait jamais mention de l'ail, du persil, de la rhubarbe : oubliez les!

Les huiles essentiels sont mentionnées et se sont révélées "inefficaces sur le terrain".


Voici comment elle commence...

"Malgré cette reconnaissance de l'impact du varroa, seulement 10% des apiculteurs ciblent le varroa comme cause probable de perte sur leurs colonies.

De la à dire que de nombreux apiculteurs sous-estiment l'influence du varroa sur les pertes de colonies, il n'y a qu'un pas".

Tous ces dires confirment mon intuition.

Les apiculteurs sous-estiment la nocivité du varroa et de la maladie qui y est associée, la varroose.


Le varroa est un fléau pour la ruche 

Si vous trouvez que j'exagère en comparant la varroase à un fléau voyez ce qui arrivera pour une colonie infectée:


Les molécules de synthèses sont de moins en moins efficaces


Une étude américaine de 2003, a montré que les varroas résistaient maintenant, pour la plupart, aux molécules de synthèses (amitraze, coumaphos, fluvinate).

La résistance du varroa à ces molécules n'est pas nouvelle.

Ces traitements étaient très populaires dans le passé mais le sont de moins en moins.

Pourtant, les apiculteurs utilisent en majorité le traitement aux bandes Apivar qui est à base d'amitraze! 


Cherchez l'erreur

L'erreur, c'est que le traitement à l'amitraze (Apivar) soit devenu la norme parmi les apiculteurs (c'est le traitement le plus utilisé). Et pourtant:

Vous trouvez ça normal? Moi non!

L'acide oxalique, miracle de la nature


Certaines molécules organiques simples sont le dernier rempart contre le varroa.

L'acide oxalique à l'avantage d'être présent naturellement dans la ruche et le miel.

Le varroa ne présente pas de résistance à la molécule.

Son taux redescend naturellement quelques jours après son application.

Il n'y a aucune augmentation de la teneur en acide oxalique dans le miel.

En appliquant un traitement à l'acide oxalique, c'est comme si vous activiez naturellement un anticorps autorégulant.


L'acide oxalique, est un trésor

Près de 100% du varroa peut être éliminé en 4 jours grâce à l'acide oxalique.

Son efficacité est redoutable.

C'est une arme de destruction massive contre le parasite.

En traitement de fin de saison il permet de déparasiter la ruche pour élever de jeunes abeilles saines avant l'hiver.


Quand utiliser l'acide oxalique?

Deux traitements son nécessaires dans l'année...

L'un en fin de saison (juillet-août) et l'autre en hiver (novembre-décembre).

Cependant ces deux traitements sont assez différents...


En hiver le varroa est peu nombreux et plus vulnérable

Car il se produit un arrêt de ponte naturel pendant quelques semaines entre le mois de novembre et le mois de décembre.

A ce moment le varroa est vulnérable car il n'a nul part ou se cacher (le reste de l'année, 80% est dans le couvain).

Un seul passage à l'acide oxalique est suffisant, au vu de la taille de la colonie.


En fin de saison (juillet-août), en revanche, le varroa est au summum de son développement. 

Et c'est la que les choses se compliquent..

Son taux de varroa phorétique (VP/100ab) peut atteindre 2 à 5VP/100ab.

La colonie peut être largement infectée.

Si vous n'agissez pas après la récolte, votre ruche est menacée.

Un double traitement à l'acide oxalique couplé à un arrêt de ponte est indispensable.

Voilà pourquoi...


Le varroa est un adversaire redoutable par sa résilience. 

La synthèse de l'ADAFRANCE montré que l'utilisation d'acide oxalique en fin de saison en présence de couvain n'avait AUCUNE ACTION sur les varroas phorétiques.

Aucune action? Rien? Même pas un petit peu?

Non! 


Traiter en fin de saison sans arrêt de ponte, c'est donner un coup d'épée dans l'eau.

Certains chercheurs ont testé cette solution pour "dégraisser" la ruche en saison avec plusieurs traitements successifs mais sans résultat.

Pourquoi?

Encore une chose que l'on ne sait pas.

Mais on pense que les varroas phorétiques, exposés à l'acide oxalique, pourraient se cacher dans le couvain ouvert.

Vous devez donc absolument déclencher un arrêt de ponte.


Comment déclencher un arrêt de ponte artificiellement?


La technique est simple et pourtant récente.

Elle a été inventée par nos amis transalpins qui ont créé un outil astucieux : la cage scalvini.

Elle permet de créer un arrêt de ponte artificiel dans la colonie.

Sans tuer la reine.

Avec aucun stress se sa part.

Sans l'empêcher d'être nourrie.

En lui permettant de continuer à pondre dans sa cage.

Mais sans donner lieu à du couvain mature (21 jours) qui, en naissant, pourrait recontaminer la colonie en varroa.

Cette invention est une révolution!


Comment fonctionne la cage scalvini


La cage scalvini est une simple cage en plastique.

Elle possède des barreaux, qui enferment la reine, avec de petites alvéoles au fond.

Des alvéoles qui imitent assez bien les cellules de couvain pour que la reine ponde mais, trop petites pour que la nymphe aille à son terme.

Le varroa n'a pas le temps de se reproduire dans ces cellules de couvain avortées.

Elles sont systématiquement nettoyées après quelques jours.

La reine continue de diffuser ses phéromones donc la colonie ne déclenche pas l'élevage d'une nouvelle reine.


cage scalvini

Une cage scalvini ouverte lors de la libération de la reine

Que se passe-t-il se passe dans la ruche pendant l'arrêt de ponte?


En dehors de la cage, le couvain éclos petit à petit chaque jour.

Au bout de 21 jours, le dernier oeuf est devenu une abeille.

Il ne reste plus de couvain...

Tous les varroas sont sous forme phorétique.

Ils sont vulnérables.

C'est le moment d'agir!

Tout le varroa contenu dans le couvain (80%) est libéré.

Le taux de varroa phorétique (VP/100ab) peu alors être multiplié par 3 ou 4, en 21 jours. 

C'est là qu'entre en jeu votre traitement à l'acide oxalique!


surface de couvain

Surface de couvain dans la ruche 

En bleu, pas d'arrêt de ponte 

En rouge,  arrêt de ponte de 21 jours en août grâce à la cage scalvini.


quantité de varroa phorétiques

Taux de varroa phorétique (en VP/100ab). 

En bleu le traitement sans arrêt de ponte avec bandes apivar appliqué 10 semaines à partir de juillet.

En rouge le traitement avec à l'acide oxalique en juillet avec arrêt de ponte.

NB: Le taux de VP/100ab explose littéralement en juillet-août avec l'arrêt de ponte (en rouge) car tout le varroa enfermé dans le couvain est libéré

Un traitement éclair


Contrairement à un traitement aux bandes Apivar, qui dure plusieurs semaines, ce traitement est dit flash.

Il est extrêmement rapide mais deux passages sont nécessaires à 3 jours d'intervalle (à 21 et 24 jours après l'encagemnt) pour être efficace.

Le traitement est pulvérisé entre chaque cadre par un jet qui perce la grappe : on parle de traitement par dégouttement.

Son efficacité est proche de 100%. 

Le varroa est littéralement anéanti.


traitement à l'cide oxalique par dégouttement

Le traitement à l'acide oxalique par dégouttement 

Quelle est la recette du traitement à l'acide oxalique?


Je vais vous donner la recette artisanale de l'acide oxalique!

Ce traitement a été développé par des apiculteurs italiens.

Il a été utilisé pendant plusieurs années légalement par les autorités sanitaires.

Depuis peu, il bénéficie d'une AMM (autorisation de mise sur le marché), commercialisé sous le nom d'Apibioxal. 


Il est maintenant interdit d'utiliser ce traitement artisanal car il existe son équivalent avec AMM.

Je trouve cela injuste mais que voulez-vous...

Les laboratoires pharmaceutiques veulent faire de l'argent avec tout.

Ils veulent même faire main basse sur des principes connus depuis longtemps par les apiculteurs.


Le sirop préparé est composé d'acide oxalique dihydrate, de sucre et d'eau.

Pour 1 litre de solution, les quantités sont : 42g d'acide oxalique, 0,6L d'eau et 0,6kg de sucre en poudre.

C'est tout!

Comptez environ 50mL pour une ruche dadant 10 cadres.

Si vous avez peur de la chimie, n'ayez crainte, ce produit se trouve déjà à l'état naturel dans le miel, a rhubarbe et l'oseille par exemple. 


rgubarbe qui contient de l'acide oxalique

Des feuilles de rhubarbe contenant de l'acide oxalique naturel 

molécule d'acide oxalique

La représentation chimique de l'acide oxalique dihydrate 

Comment vérifier si le traitement a été efficace? 


Pour vérifier si un traitement a été efficace, vous devez effectuer un comptage varroa avec un gobelet et respecter les seuils à ne pas dépasser. 

Est ce que la reine reprend sa ponte normalement après le traitement?


La réponse est OUI!

Il a été montré par la synthèse de l'ADAFRANCE que la surface de couvain atteignait la même surface que le témoin un mois après l'arrêt de ponte provoqué par l'encagement.

Même si vos colonies peuvent sembler diminuées après l'arrêt de ponte vous allez être surpris de voir comment elles se repeuplent rapidement en quelques semaines.


Pour conclure sur l'acide oxalique


La technique que je vous ai donné est une technique de pro.

Vous ne trouverez pas mieux ailleurs!

Et c'est bio!

Alors pourquoi vous priver?

Pourquoi continuer à mettre du poison dans vos ruches alors que la solution se trouve déjà dans la nature? 

Quant aux réticents aux traitements, laissez vos ruches sans traitement pendant une saison et revenez me voir l'an prochain.

Je pense que vous aurez changé d'avis...


Je le répète, une colonie non-traitée est condamnée.

Le traitement flash à l'acide oxalique est plus compliqué à mettre en oeuvre mais il est diablement efficace.

Le varroa est un facteur de premier ordre concernant le bon hivernage et la récolte de miel.

Alors que vos collègues ont des taux de perte de 30%, 50% voire 70% de perte, vous pouvez très bien vous en sortir avec 10% de perte à la sortie de l'hiver.

Alors soyez rigoureux, suivez votre infestation et traitez!



Leave a Reply

Your email address will not be published.