A chaque printemps, vous êtes excité de de reprendre une nouvelle saison apicole.

Enfin, vous allez pouvoirs retrouver le plaisir de mettre votre vareuse, d'allumer votre enfumoir, de jouer du lève-cadre dans vos ruches...

Même si vous vous faites parfois piquer!


Et pourtant le constat est peut être souvent le même...

Peut-être que la ruche est complètement sèche, vidée de ses provisions, avec une poignée d'abeilles à l'intérieur....

Ou peut-être la ruche est vidée de ses occupante, sans un cadavre, alors qu'il reste toujours des provisions...

Pourtant, parfois du miel operculé forme encore de larges couronnes sur le dessus des cadres.

Sont elles mortes de froid? de faim? de maladie?

L'apiculture vous coute cher

Prenons un exemple

Vous avez une rucher de 14 ruches et que seulement 7 survivent chaque hiver. 

Chaque année vous achetez chez un apiculteur 7 nouveaux essaims à 170 euros.

Cela vous revient en essaim à dépenser chaque année 1190euros...

Presque un SMIC! C'est dur d'entendre ça.


Pourtant l'apiculture devrait être un loisir rentable

Je suis sur qu'il vous est déjà arrivé de vous demander pourquoi l'apiculture était un loisir aussi cher pour certains.

Alors qu'elle était une activité profitable pour les professionnels.

Comment font-ils pour en faire un métier?

Alors que c'est un puit sans fond pour vous...


Vous vous sentez impuissant.

Pourtant vous avez peut être tout bien fait comme un bon élève. 

Récolte, traitement, nourrissement, et mise en hivernage...

Peut être que vous pensez que ce sont les facteurs environnementaux.

Le froid, les pesticides, le frelon asiatique...

Peut être...


Mais souvent le problème n'est pas l'environnement, c'est vous...


Le problème c'est que vous ne faites pas les bonnes action sur vos ruches.

Pourquoi certains y arrivent et d'autres non? 

Pourquoi certains élèvent des ruches saines et vous des ruches moribondes?

La vérité c'est que même si l'environnement a un rôle et qu'il s'est dégradé ces dernières décennies,

Vos ruches pourraient être beaucoup plus productives et en meilleure santé, grâce à vous...


Je pourrais vous faire un cours sur toutes les maladies de l'abeille.

La nosémose, la maladie noire, les mycose, la loque européenne, la loque américaine etc. 

Pourtant ça vous déservirait.

Pourquoi?

Parce que votre but n'est pas de devenir vétérinaire apicole...

N'est ce pas?

Votre but c'est comprendre pourquoi vos ruches meurent l'hiver dans la plupart des cas.

La vérité, c'est qu'elles meurent en majorité pour les 3 raisons suivantes...


#1 Vos ruches sont mortes de faim

Les abeilles n'avaient pas assez de stock de provisons

Vous retrouverez vos abeilles mortes, la tête dans les alvéoles, mortes de faim après avoir voulu lécher les dernières gouttes de nectar...

Il sera impossible de vous tromper sur la cause de la mort de la colonie...

ruche morte de faim

Une colonie, morte de faim avec des abeilles mortes la tête dans les alvéoles


Deux raisons peuvent expliquer pourquoi vos ruches sont mortes de faim


Vous n'avez pas assez nourri vos ruches avant l'hiver

On estime qu'elles consomment environ un cadre de provision par mois et qu'on doit leur donner plu de 12kg de sirop par colonie en fin de saison.

Si vous ne l'avez pas fait assez, les abeilles consommeront le peu de miel qu'elles ont stocké et finiront par "sécher la ruche" et mourrir.

Votre ruche s'est faite pillée par ses voisines avant l'automne

La ruche a été vidée de ses provisons avant l'automne même si vous avez nourri.

Ce cas est reconaissable par des alvéoles e cires déchiquetées, comme si la cire avait été mangée.

Cette situation a été très courante pendant la disette et de la canicule d'aout-septembre 2020. 

Un nombre significatif de colonies sont mortes complètement pillées et vidées.

Les ruches sont mortes de faim très peu de temps avant la fin de l'été.

#2 Vos ruches se sont effondrées à cause du varroa

Le varroa est l'ennemi numéro 1 des apiculteurs. 

C'est un accarien contre lequel il faudra lutter sans relâche et dont vous ne serez jamais débarrassé.

Il perce le cuticule de l'abeille pour se nourrir des tissus adipeux créant un foyer infectieux.

Plus de 10 virus pourront affecter les abeilles dont un des plus visible est celui du virus ailes déformées.

virus des ailes déformées

Le varroa peut transmettre son virus le plus visibles celui des ailes déformées (Deform Wing Virus ou DWV) 

Pourtant ce parasite est BEAUCOUP sous-estimé

Je ne compte plus les gens qui m'ont dit qu'ils n'avaient pas de varroa dans leurs ruches.

Que la mortalité de leurs colonies n'avait rien à voir.

Qu'il s'agissait du frelon asiatiques, des intoxications, ou que sais-je encore...

Une étude de l'ADAfrance a montré que seulement 10% des apiculteurs attribuaient les mortalités hivernales au varroa.

Pourtant, il ne s'agit pas d'un problème à la marge.

La lutte contre le varroa, c'est le coeur du problème en apiculture.

Et tous les apiculteurs professionnels le savent....


Comment reconnaitre une colonie morte du varroa?

Ce que est surprenant avec le varroa c'est que vous ne retrouvez souvent pas un cadavre dans vos ruches. 

On parle d'effondrement de la colonie ou colony collapse disorder en anglais (CCD).

Cette effondrement peut avoir lieu en saison, mais il a plus souvent lieu à l'automne.

A ce moment là, le nombre d'abeille diminue naturellement avec la diminution de la ponte de la reine.

Et et le nombre de varroas continue son augmentation exponentielle.

Jusqu'à ce que le pression en varroa devienne insoutenable et que la colonie meurt en quelques semaines.

Et peut être que vous remarquerez que les provisions ne manquent pas...

Elles n'ont pas pu mourrir de faim...

Vous verrez souvent du couvain en mosaique reste avec des larves mortes, des opercules percées, effondrées: c'est le signe d'une infestation de varroa.


couvain affecté par le varroa

Le couvain est en mosaique, troué de avec des opercules effondrées ou des larves mortes. La ruche est vidée de ses occupantes.

Si vous êtes infesté de varroa, ce peut être pour une des 3 raisons suivantes...

 Vous n'avez pas fait de traitement du tout 


Ca c'est l'erreur typique du débutant qui pense qu'il va passer en les gouttes!

Vous n'y échaperez pas!

Quasi 100% des ruches sont infestées par le varroa chaque année.

Il s'agira juste de garder le taux le plus bas possible tout au long de la saison.

Vous ne vous débarrasserez jamais du varroa, même en traitant!

Mais une ruche non-traitée est condamnée, à coup sûr.


Si vous voulez une analogie, c'est comme une épidémie de covid19, dont vous n'avez pas de vaccin.

Il faudra juste la contrôler à un niveau acceptable en traitant deux fois pas an (2 traitement en été espacés de 3 jours et 1 en hiver).

Ainsi, vous ferez instantanément redescendre la quantité de varroa à un niveau supportable pour la colonie.

Un peu comme lors d'un confinement finalement...

Puis la population varroa recommencera à croitre de manière exponentielle jusqu'au prochain traitement...


 Vous n'avez pas fait de traitement d'hiver


Ce traitement est indispensable 

Le traitement de fin de saison, ou d'été, est majoritairement fait par les apiculteurs.

Pourtant, je suis encore surpris de voir que certains apiculteurs amateurs confirmés ne traitement pas l'hiver 

Est-ce par ignorance ou négligence?

Pourtant après votre traitement d'été en juillet-août, vous devez absolument retraiter vos colonies 


Le varroa, après avoir été quasi éliminé en été, va se redévelopper en automne.

Le seuil critique défini par les chercheurs pour qu'une colonie passe sainement l'hiver et redémarre au printemps est de 50 varroas/colonie.

Ce seuil vous garantit quasi 0VP/100ab (0 varroas pour 100 abeilles) en début de saison, ce qui est idéal pour bien débuter la saison suivante.

Si ce seuil n'est pas respecté, la colonie ne pourra pas tenir jusqu'au prochain traitement en été.


NB: Et pour bien faire un traitement d'hiver, vous devez bien faire attention à traiter lors de l'arrêt de ponte en hiver. 

Une étude suisse a montré qu'une colonie traité en présence de couvain, même en petite quantité pouvait mettre en danger de mort 20% des colonies.

 Vous avez traité grâce à des molécules de synthèses


Je pense notamment à l'amitraze et son traitement apivar, mais pas que...

Les traitements de synthèse ont été très populaires dès l'apparition du varroa (le tau-fluvalinate avec le traitement apistan, le coumaphos, l'amitraze avec le traitement apivar).

Ces molécules sont des molécules de synthèse complexes.

Mais depuis plusieurs années, leur efficacité diminue, à mesure que certaines souches de varroa mutent pour résister.

Elles sont peu à peu délaissées, notamment par les professionnels qui sont passé à l'acide oxalique.

Celle-ci est une molécule organique simple auquel le varroa ne résiste pas pour le moment.

Et certains chercheurs pensent même que le varroa ne résistera jamais aux molécules organiques simples comme l'acide oxalique ou l'acide formique.


molécule amitraze

L'amitraze est un molécule de synthèse complexe 

molécule d'acide oxalique

L'acide oxalique est une molécule organique simple, plus difficile à résister pour le varroa

#3 Vos reines ne se sont pas remérées à temps...

L'automne et l'hiver ne sont ni la saison de l'élevage, ni des fécondations.

A partir de fin septembre, une reine qui meurt ou qui ne pond pas assez condamnera une colonie.

Une reine qui meurt à ce moment laissera des ouvrières sans reines.

Et une colonie sans nouvelle reine devient bourdonneuse...



cadre de ruche bourdonneuse

Une ruche bourdonneuse, pleine de faux-bourdons et de cellules de faux-bourdons, bombées et pondues de manières éparse

Pourquoi une ruche devient-elle bourdonneuse?

C'est un phénomène naturel.

Vous n'y échapperez pas.

A chaque printemps, vous trouverez des ruches bourdonneuse.

Mais le phénomène peut être accentué par les 2 raisons suivantes...

Vos reines sont trop vielles 

Vous n'avez pas renouvelé vos reines

Après la 3ème année de vie et même après la 2ème parfois, les reines pondent moins ou peuvent mourrir.

Si la reine baisse en ponte, la colonie va élever une nouvelle reine.

Parfois elle gardera l'ancienne qui cohabitera quelques temps avec la nouvelle: on parle de supersédure.

Si la reine meurt, la colonie va élever une nouvelles reine (en réalité plusieurs mais une seule survivra): on parle de remérage naturel.

En revanche cette supersédure ou ce remérage naturel doivent avoir lieu au printemps ou en été.

Si la reine pond moins ou qu'elle meurt après les mois d'aout-septembre, le reine ne peux plus être fécondée ou même élevée.

Pour éviter ça, il est préférable de changer ses reines régulièrement (tous les 2 ou 3 ans pour avoir une ponte dynamique et moins de perte hivernale)

vielle reine d'abeille

Un abdomen poli, des ailes frangées, une peinture abimée mais surtout le code couleur vous permettent de reconnaitre une vielle reine: il est temps de la changer!

Vos reines sont aussi infectées par le varroa

C'est souvent un paramètre oublié des apiculteurs, mais lorsque la colonie est trop infectée par le varroa, votre reine a des chances de d'être infectée également.

En prime, couvain en mosaique, baisse de la fécondité, atrophie des organes, amaigrissement...

La reine peut mourrir sous la pression du varroa avant même l'effondrement de la colonie.

La encore la colonie peut devenir bourdonneuse.

Conclusion

La mortalité hivernale peut être multifactorielle.

Mais les raisons principales de la mortalité hivernales sont:

Pour un bon hivernage, les principaux leviers sur lesquels agir sont donc: 

Ces petits gestes cumulés peuvent faire une grande différence en fin de saison.

Ils peuvent éviter la mort ou la transformation en ruches bourdonneuses d'un grand nombre de colonies. 

Au printemps suivant fini l'hécatombe et place à un rucher durable et productif!


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